Sionisme au caractère réactionnaire et colonial

Il est courant aujourd’hui de présenter le sionisme comme un mouvement progressiste, qui eut même ses heures de gloire anti-impérialiste, qui porterait en lui le progrès matériel et la démocratie. Tout cela est bien loin de la réalité.

Une définition, trouvée par le fondateur du sionisme lui-même, caractérise fort bien son mouvement : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Outre que la formule ne correspond à aucune réalité, elle souligne le profond mépris des sionistes à l’égard des Palestiniens, qui à leurs yeux n’existaient pas.

Les dirigeants sionistes ne se sont en effet jamais souciés de la population palestinienne et, bien avant la création de l’État d’Israël, ils se sont évertués à développer une « économie fermée », dans laquelle les Palestiniens n’avaient aucune part, aucun rôle ; bref, une économie qui leur était « fermée », c’est-à-dire interdite. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce fut la gauche du sionisme qui initia cette politique. Sous prétexte de normaliser la structure sociale du peuple juif, de créer en Palestine un prolétariat agricole et industriel d’une seule et même ethnie, la population arabe fut totalement remplacée.

Et ainsi, lorsque le Fonds national juif, bras financier du sionisme, achetait des terres aux féodaux arabes, c’était pour en expulser les paysans palestiniens avant de les remettre à des sociétés ou des communautés juives. Là encore ce fut un choix social révélateur du sionisme. L’entente se fit avec les propriétaires terriens, qui pour la plupart d’ailleurs n’habitaient pas la Palestine mais les villes de Damas, Beyrouth ou Istanbul. L’achat des terres avait beau être « légal », il ne privait pas moins les paysans palestiniens d’un bien qu’ils cultivaient depuis des générations. Dès son origine, l’expansionnisme sioniste fut donc basé sur une expropriation totale qui, pour les masses arabes, était synonyme de dépossession et de misère.

Le caractère colonial d’une telle politique fut hypocritement nié par la gauche, qui préférait insister sur les éléments d’un prétendu socialisme juif qui se serait dégagé de l’organisation plus ou moins communautaire de villages apparus dès 1908 et connus sous le nom de kibboutz. Seulement, la nature des relations entre les membres d’un kibboutz était en fait secondaire par rapport à celles qu’ils entretenaient avec la société palestinienne. Cela, la droite sioniste l’avait bien compris. Ainsi, un certain Jabotinsky, considéré comme le père fondateur du courant politique auquel appartient aujourd’hui le Likoud, la droite israélienne, et qui en son temps n’était pas particulièrement isolé puisqu’il représenta le sionisme de France au Congrès de Bâle en 1931, écrivait avec cynisme mais lucidité : « Peu importent les mots, la colonisation porte en elle sa propre définition, totale et inéluctable. Elle est comprise par chaque Juif et chaque Arabe. La colonisation ne peut avoir qu’un seul objectif. Pour les Arabes palestiniens cet objectif est inadmissible. Telle est la nature des choses. Changer cette nature est impossible. La colonisation ne peut être menée que contre la volonté des Arabes palestiniens ». Et il ajoutait : « La colonisation sioniste, même la plus restreinte, doit ou bien cesser, ou bien être menée contre la volonté de la population indigène. Par conséquent, cette colonisation ne peut se continuer et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale, d’un mur d’acier que la population locale ne peut forcer ». Aujourd’hui, le mur n’est pas d’acier. Il est fait de béton et autres matériels électroniques, mais il est bien réel.

Date: 2005

Source:  LE TUMBLR DE @RECRIWEB

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s